Mérule et champignons

LES CHAMPIGNONS MANGEURS DE BOIS.

Pour son développement, le champignon a besoin que quatre conditions soient réunies : un taux d’humidité du bois supérieur à 20%, peu de renouvellement d’air (des endroits fermés ou confinés), de l’obscurité et enfin de la chaleur. « Serpula lacrymans » comme il se nomme, se balade au gré du vent en attendant un endroit propice tel que décrit ci-avant pour se poser.

Comment reconnaître la mérule ?

Sitôt installée, la mérule va se développer et attaquer la cellulose du bois. Résultat : ce dernier va s’effriter, brunir (pour les bois nus) ou se boursouffler et se craqueler (pour les bois peints), L’odeur caractéristique de champignon accompagnant ces phénomènes. La mérule en elle-même (observable souvent dans les caves ou greniers) revêt plusieurs formes selon son développement. Tantôt ce sera une masse cotoneuse blanche, style toile d’araignée compacte, tantôt un coussin brun avec des bords blancs. La mérule développe également des rhizomorphes (genre de long fils gris) et des spores (de couleur orangée, ceux-ci recouvrent alors le sol et les objets).

Conséquences de la présence de champignons

En retirant la cellulose du bois, celui-ci va commencer à s’effriter et à tomber. La mérule l’affaiblit si bien qu’il ne sera en fait plus capable de supporter quoique ce soit !

Il s’agit donc d’un réel problème pour les linteaux, poutres, planchers, charpentes et autres escaliers… Un dangereux problème.
Mais la mérule ne s’arrête pas là. Une fois ses rhizomorphes placés, elle peut s’en servir pour déplacer l’eau dont elle a besoin pour « manger » les bois secs et sains, et ce même à plusieurs mètres. Elle se déplace donc au travers des planchers, isolants, vieux plafonnages et n’épargnera pas les maisons voisines si l’occasion se présente.

Quelle est sa vitesse de développement ?

Elle est rapide. En quelques mois, une pièce en bois peut être détruite. Tout dépend évidemment des conditions dans lesquelles elle évolue et du bois auquel elle a à faire (le conifère étant son préféré).
Il existe bien entendu d’autres champignons lignivores, par exemple : coniophora puteana, polyporus sulphureus, peniophora gigantea, poria medulla-panis, poria vaillantii, phelinus megaloporus, ganoderma lucidum, lentineus lepideus, daedalia quercina etc.
Étant presque tous du même « appétit » que la mérule et nécessitant le même traitement, il n’est pas toujours nécessaire, ni aisé, de connaitre leur terminologie exacte. En effet, cela réclame l’expertise d’un laboratoire payant et ne changera pas le processus à adopter.

Éradication de la mérule

Recherche et préparation du chantier :

  • Tout d’abord, et comme le champignon se développe grâce à l’eau, il faut assécher le bâtiment.
  • Ensuite, il faut chercher où celui-ci est allé :
  • Sur un mur plafonné : décapage et évacuation
  • Derrière une cloison : démontage et évacuation
  • Sous un plancher : démontage (partiel ou total ainsi que de l’éventuel revêtement) et évacuation

Traitement du matériau contaminé et sain:

  • Évacuation de tout ce qui est malade (bois, maçonnerie…)
  • Stérilisation soit par le feu soit par arrosage d’un puissant fongicide
  • Injection du fongicide aussi dans les maçonneries
  • Les bois sains sont aussi traités préventivement
  • Arrosage des sols